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Orthophonistes : les raisons de la pénurie

20 février 2017 - Actus
Orthophonistes : les raisons de la pénurie

Bégaiement, dyslexie, problème de déglutition, etc., certains patients attendent plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous chez l’orthophoniste. En France, ces professionnels se font de plus en plus rares : en moyenne 34 pour 100.000 habitants. Seulement. Cette pénurie repose essentiellement sur trois facteurs. Explications.

Un concours d’accès difficile

Devenir orthophoniste nécessite une parfaite maîtrise de la communication, orale comme écrite. Le concours d’entrée des écoles est très sélectif. Comme pour toutes les autres professions médicales et paramédicales, mieux vaut opter pour une prépa orthophoniste à Nantes, Lyon… pour optimiser ses chances de réussite. L’école délivre un diplôme équivalent au grade de master (5 ans) : le certificat de capacité d’orthophoniste. Ces études sont réputées si difficiles dans l’Hexagone que les étudiants ont tendance à partir en Belgique pour se former…

Des niveaux de salaires insuffisants

Une fois diplômé, le jeune orthophoniste peut s’installer en libéral ou travailler en milieu hospitalier. Dans les deux cas, le niveau de salaire est souvent faible, le Smic à peine dans certains centres hospitaliers. Un revenu qui décourage évidemment les jeunes qui souhaitent devenir orthophoniste.

La Fédération nationale des orthophonistes réclame une revalorisation salariale depuis deux ans, car la profession séduit de moins en moins. Les récentes grèves en région ont permis à la profession de faire entendre sa voix. Reste au gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour revaloriser ce métier.

Des départs à la retraite non remplacés

A l’heure où la génération du baby-boom part à la retraite en masse, beaucoup de professionnels ne sont pas remplacés. Ce schéma s’applique à la plupart des professions médicales : médecins généralistes, gynécologues, ophtalmologues… Les orthophonistes n’y échappent pas. Du coup, les cabinets sont engorgés et les orthophonistes enchaînent les journées à rallonge, refusant souvent de nouveaux patients, en souffrance. Même si la plupart des soins sont remboursés par la Sécurité sociale et les mutuelles, ils sont nombreux à renoncer à la consultation.

Au final, patients et pratiquants pâtissent de cette pénurie. L’une des solutions, en plus de la revalorisation salariale, serait d’augmenter le numerus clausus, le nombre d’étudiants diplômés par an.